Confrontée à un jeune âge à la maladie et à la mort de mes parents et de plusieurs amis, ma quête spirituelle pour donner un sens à ma survie débuta à l’adolescence. L’athéisme n’est pas d’une grande aide lorsqu’on est aux prises à de douloureuses questions existentielles. Au fil des ans, j’ai essayé différentes pratiques religieuses et spirituelles sans jamais trouver réponse à mes questions. Rien ne m’apaisait. Rien ne me ressemblait.

Au fond de moi, j’ai toujours su qu’un jour je me convertirais au judaïsme. J’ai toujours ressenti un profond et inexplicable sentiment d’appartenance. La longue histoire et la culture juives ont toujours été une véritable passion, voire une obsession.

Puis, un jour en visitant le camp de Dachau en Bavière, la réalité me rattrapa. J’ai compris que ce que je cherchais ardemment avait toujours été là devant moi, en moi. Ma quête pouvait s’arrêter. J’étais juive. Et grâce à l’immigration en Amérique de mon arrière-grand-mère, j’étais vivante. Elle nous avait tous sauvés sans le savoir.

Il m’a donc fallu une trentaine d’années avant de franchir le pas et de trouver la synagogue qui me convenait. Ma conversion est comme un retour naturel aux sources. Je répare les cassures de mon histoire familiale. Mon arrière-grand-mère, qui avait dû se convertir au catholicisme, n’avait plus besoin d’être le secret de famille. Je bouclais la boucle.

Pour moi, être juive Reform est une manière spirituelle et éthique de vivre. Ça me relie à une communauté avec laquelle je peux grandir, apprendre et partager. C’est un engagement envers la vie et le monde dans lequel nous évoluons. L’ Chaim !

 

Nataly